M O T I V A T I O N

A la recherche de la responsabilité citoyenne


Poulard Jean Came

Écrit par : Poulard Jean Came, Membre Fondateur de KOK (Korektè Òtograf Kreyòl) Visitez le site: http://kok.logipam.org/

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Depuis quelques semaines, je me suis mis en retrait sur cette page en ne publiant aucun billet. Ce silence était nécessaire et répondait à une obligation de recul et de recherche de repère pour mieux appréhender le futur. Au cours de cette quête je me suis longuement interrogé sur le sens à donner à mes actions en tant que citoyen, sur l’impact que je pourrais faire en utilisant les outils modernes de la communication, le réveil citoyen que je pourrais aider – grâce à mon humble contribution – à créer. Néanmoins, autant d’effort que pourraient faire des personnes isolées, aussi titanesque que puissent être leurs apports, rien de bien ne pourrait se mettre en branle de manière durable sans une culture de la "responsabilité citoyenne" en Haïti. Dans ce texte je vais sans doute redire tout ce qui a déjà été dit en plus de 200 ans de notre histoire de peuple, mais dans une démarche pédagogique la répétition est salutaire de même conseillée.

Pourquoi être "Spectateur" quand TU peux Être ACTEUR??


Passer de Haïtiens à Citoyens Haïtiens

La majorité de la population haïtienne ignore ou ne connaît pas assez leurs droits fondamentaux, quant aux devoirs, c’est une écrasante franche des haïtiens qui se moquent par ignorance ou insouciance de leur devoir de citoyen. Dans les circonstances actuelles, il est difficile de parler de « citoyen » en analysant le comportement général de la population haïtienne. C’est comme si la citoyenneté a été enlevé aux haïtiens. Le premier pas vers une responsabilité citoyenne c’est la création de « citoyen haïtien ». Le citoyen jouit de certains privilèges (ce sont les droits) et a aussi des obligations ce sont les devoirs. Dans un pays ou les droits imprescriptibles du citoyen sont quotidiennement bafoués, étouffés, ignorés et traînés dans la boue, alors je comprends mal que les haïtiens acceptent cet état de chose sans broncher pendant si longtemps. Preuve que la citoyenneté haïtienne dans la pratique n’est qu’une vue de l’esprit. D’un autre coté, l’haïtien, dans la majorité des cas, vit dans un « je m’enfoustisme » où l’exercice du devoir citoyen est assimilé à la politique ou plus absurdement à la politicaillerie. Il est vital aujourd’hui de faire le passage obligé vers la création du citoyen haïtien. Un citoyen conscient (et revendiquant) ses droits et faisant usage responsable de ses devoirs. Comme nous le verrons plus loin, la création de citoyen haïtien est certes une condition nécessaire à la responsabilité citoyenne mais n’est pas une condition suffisante, il faut traiter le mal à la racine et ré étalonner les repères.

Sortir de la quadrature du cercle

Beaucoup pourrait se dire que même dans le cas idéal où une majorité de la population haïtienne aurait compris et exercé leur citoyenneté, il y a aura toujours une minorité aux pouvoirs politique et économique qui s’accrocherait au statu quo pour défendre leurs intérêts. Alors, que faut – il faire pour sortir de cet état de fait ? Comment sortir de la quadrature du cercle ?

Le poisson est pourri par la tête ! Pour sortir de la quadrature du cercle, il faut d’abord sortir du cercle et faire route vers le carré. Il a été démontré en 1882 que le problème de la quadrature du cercle était insolvable. De même, pour la société haïtienne, je pense fortement qu’il faut changer de paradigme et remettre les pendules à l’heure. Une seule solution viable sur la route de la responsabilité citoyenne : c’est l’implication citoyenne. Il faut que chaque citoyen se retrouve dans la gestion de la chose publique. Il faut arrêter avec les : «Ce n’est pas de mon ressort », «Que puis-je faire seul », « Je ne suis pas le messie», « Ça ne changera jamais » et tant d’autres discours défaitiste et désinvolte que l’haïtien tient en ces temps importants. L’implication citoyenne est le point d’inflexion (point de changements) vers une nouvelle direction nationale. Cet implication devrait se faire à tous les niveaux de la vie
nationale et chez chaque citoyen où il se trouve et quoi qu’il ait comme activité.

Pour revenir à nos chers dirigeants et élites (surtout économique), un renouvellement s’impose tant au niveau des personnes qu’au niveau des structures archaïques et dysfonctionnelles qui assurent leurs survies agonisantes. Il faut renouveler le personnel dirigeant soit, mais, il faut également penser à mettre sur pied des structures plus modernes et pratiques au pas avec le XXIème siècle. Il faut passer du paradigme de « dirigeant seul chef » à la pratique du « dirigeant serviteur ». Les personnes aux commandes de la chose publique doivent se sentir comme des employés de la collectivité et non comme le patron de la collectivité. Ce changement de pratique ne dépend nullement, comme beaucoup pourrait tenter de le penser, d’une prise de conscience de la part des autorités mais de l’implication du citoyen qui se sent et se retrouve en position de patron du décideur étatique et est capable de sanction grâce à son bulletin de vote à l’encontre de ce décideur. C’est l’implication du citoyen à travers des groupes de pression, des pétitions au Parlement, des manifestations de rue pacifiques et ultimement à travers le vote qui est à même de venir à bout de cette mentalité de considérer le dirigeant comme un « chef papa bon cœur » au-dessus des lois et au-dessus de tous les citoyens de la République.

Pour les élites économiques le problème est de taille et mal posé. La vie (je n’utilise pas la survie car je trouve que c’est un terme réductionniste) de l’élite économique haïtienne passe nécessairement par un autre changement de paradigme. Est-ce que la classe possédante veut conserver le statu quo qui la place entre quatre murs, veut – elle continuer à sacrifier son bien-être pour de l’argent qu’elle ne peut même pas utiliser et jouir en toute liberté sur le territoire national ? Ou veut-elle agir en groupe de citoyen impliqué directement dans la gestion du pays? Les riches doivent s’impliquer directement dans le débat politique, en votant, en se portant candidats aux élections (à tous les niveaux) au lieu de laisser la place aux gens qui n’ont aucun intérêt économique dans le pays avec l’espoir de les contrôler de manière indirecte. Cette implication des gens riches dans la chose publique est une condition nécessaire vers la responsabilité citoyenne que nous cherchons. Il est à noter que la plus grande partie des taxes sont payés par la classe possédante, c’est son argent qui est dilapidé ou gaspillé. Après tout, à quoi cela sert d’avoir de l’argent que l’on ne peut pas dépenser en tout quiétude dans son propre pays ?

Participation.- Engagement.- Fraternité

Agir en citoyen responsable

La tâche de citoyen responsable est un travail à plein temps mais le fruit de ce travail en vaut la peine. Qu’aurait été l’image des États-Unis d’Amérique dans le monde si les citoyens américains n’étaient pas des gens responsables et on comprit qu’il fallait changer radicalement la direction de leur pays après deux mandants d’un président qui a renforcé, par ses actions et sa maladresse, l’antiaméricanisme dans le monde ? Il faut prendre notre responsabilité de citoyen à deux mains et décider de quel type de dirigeants est-ce que nous voulons. Est-ce le même dirigeant « papa bon cœur et seul chef des vies et des biens » ou est ce le dirigeant employé de la collectivité qui exécute un plan pour l’amélioration des conditions de vie de tout le monde ? Le choix nous revient comme citoyen responsable. Voterons-nous avec rationalité un programme, un plan, une vision ou voterons-nous pour le gars du quartier parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous dit des choses que nous voulons entendre ?

Il n’y a pas que le vote dans la responsabilité citoyenne, certes, c’est un exercice extrêmement important où la collectivité choisi les gérants qui gèreront nos biens, nos vies, nos valeurs et notre façon de faire, mais le combat et le contrôle doivent continuer en permanence. Serions-nous plus responsables si nous votions des programmes et continuions à salir les rues avec nos déchets, si nous continuions à couper les arbres, si nous continuions à construire sur les terres cultivables, si nous continuions à consommer étranger au détriment du local, si nous continuions à nous voir mieux qu’ailleurs ? Personnellement, je ne crois pas que nous serions plus responsables si nous ne commençons pas à penser qu’Haïti est notre pays, que c’est un beau pays, que c’est l’effort de chaque personne y compris moi, vous et eux qui facilitera le changement que nous souhaitons tous. Je termine pour vous dire que vous devriez être le changement que vous souhaitez.

Êtes-vous enfin résolu de prendre votre "RESPONSABILITÉ CITOYENNE" en main? partagez vos opinions du texte avec nous dans la section des commentaires ou vous pouvez lire d’autres articles du même genre: "Chauffeur aux gens trop sales: NE MONTEZ PAS" "Une leçon de Vie" " Président à 12 ans"

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